Quel sens a votre Vie ?



Quel est le sens de votre Vie ?

Commençons le premier volet de notre étude de la Psychosophie par la question du Sens de la Vie. Quel est le sens de la vie ? Voilà donc une question que nous nous sommes tous posés à un moment de notre vie. À cette question, nous avons l'habitude de proposer deux types de réponses. La première réponse proclame que la vie n'a pas de sens, parce qu'elle n'a pas de but, en tout cas pas de sens en soi, du fait que la vie ne tient qu'au "hasard". Selon cette théorie, la vie est une propriété accidentelle de la matière, un attribut accidentel de la nature, En d'autres termes, cela sous-entend que si la vie a émergé sur la Terre, cela aurait très bien pu ne pas arriver. Mais il se trouve que c'est arrivé. De ce fait, nous concevons la vie comme extraordinaire car nous sommes vivants. Ce serait juste une manifestation de notre égocentrisme que de considérer que la vie aurait une quelconque valeur au regard du Cosmos et de l'Univers. Sous cet angle, la vie n'est qu'une génération spontanée, elle est apparue par la combinaison de facteurs matériels qui restent en grande partie énigmatiques, puisque c'est une interrogation autant physique que métaphysique.


Une deuxième réponse consisterait à dire que la vie aurait un but, donc qu'elle aurait un sens, et c'est ce qu'on appelle une conception finaliste, c'est à dire que la vie aurait une finalité. Dans ce cadre, on présuppose que la nature a été conçue pour accueillir la vie et de fait, une pensée qui suppose un "créateur" ou du moins pour éviter tout risque d'anthropomorphisme[2], une intelligence créatrice.


Ce sont là les deux approches possibles à la question du but et du sens de la vie. En fait, cette représentation n'est pas tout à fait exacte car, même si la vie est un phénomène spontané, même si la vie est le résultat du hasard, une propriété accidentelle de la matière, elle peut néanmoins posséder un but et un sens, le plus basique étant celui de se perpétuer dans le temps, de se propager dans l'espace, à travers deux modalités que nous connaissons bien : la conservation et la reproduction.


Abordons d'abord la conservation qui correspond chez l'Animal à ce qui est habituellement appelé l'instinct de survie ; on peut l'étendre au-delà du règne animal et l'étendre au règne végétal, voire minéral, et c'est ce que Spinoza avait appelé la tendance "à persévérer dans l'être". Nous autres, êtres humains, comme tous les Animaux d'ailleurs, pour se conserver en vie, nous avons besoin de nous nourrir et de fuir le danger. C'est donc ce que nous appelons l'instinct de survie. D'ailleurs, nous cherchons tellement à nous conserver dans la vie que cet instinct de survie peut parfois décupler nos forces. En effet, face au danger, dans des situations hostiles, l'Homme est capable de déployer des réponses insoupçonnées dès lors qu'il s'agit de survivre ou de protéger sa progéniture.


L'autre modalité de perpétration de la vie est la reproduction, gouvernée chez les Animaux et chez l'Homme par l'instinct sexuel, et pour qui a conscience de l'importance de la sexualité dans la vie humaine peut dire que la nature fait bien les choses puisqu'elle a trouvé le moyen de pousser à se reproduire en procurant à l'Homme du plaisir.


Pour reprendre le vocabulaire de Schopenhauer, on pourrait dire qu'il s'agit là d'une bonne stratégie de la nature puisque la nature a "compris" que, pour nous faire survivre, il fallait nous donner envie de survivre. Or, la reproduction est le meilleur moyen pour la collectivité de se reproduire dans le temps et l'espace.


Nous pouvons donc nous perpétuer à travers la conservation et la reproduction mais il est possible que pour certains, cette réponse ne se révèle pas très satisfaisante. À vrai dire, c'est une réponse qui n'en est pas vraiment une, et c'est un peu comme dire dans une équation que x est égal à y, ce qui pourrait être vrai, mais ne nous avance pas beaucoup et ne répond certainement pas à notre questionnement existentiel. Par ailleurs, si cette réponse n'est pas satisfaisante, c'est tout simplement parce qu'elle nous met face à l'absurde, et qu'elle ne répond pas à la question du sens.


Il est possible que vous ayez le souvenir de votre consternation lorsque, enfant, vous avez compris, que la vie se termine inéluctablement par la mort. En effet, le visage de l'enfant qui comprend que tout être est confronté à la mort, reflète une incompréhension profonde. La mort revêt alors le visage de l'absurde. Après tout, à quoi bon vivre une vie qui ne s'ouvre sur rien d'autre que l'anéantissement ? Quelle est donc cette vie qui se répète indéfiniment sans qu'il n'y ait rien derrière, sans causalité et sans finalité. C'est en cela que la réponse du but de la vie comme étant la perpétuation d'elle-même n'est pas satisfaisante pour la conscience. C'est pourtant la seule et unique réponse que nous puissions apporter.


Pourquoi nous interrogeons-nous sur le sens de la vie ? Et donc, par extension, du but de la vie ? La réponse est simple : parce que nous possédons une conscience. Contrairement à la machine, nous nous posons la question du sens de notre existence, et nous en sommes souvent bien embarrassés. Vous-même qui me lisez, vous pouvez en faire l'expérience à l'instant. Vous utilisez un ordinateur qui vous permet de travailler : regardez cet objet, regardez-le attentivement et posez-vous la question : "Est-ce que cet objet a conscience de son utilité ?". Bien évidemment, la machine n'a pas conscience d'exister en soi. Je ne m'attarderais pas sur la question de la conscience animale, c'est une question complexe que nous aborderons à une autre occasion, mais nous pouvons dire que si les Animaux ont la conscience de soi, voire même s'ils ont la conscience du sens de leur existence, s'ils ont la possibilité de se poser la question sur la question du sens, le fait est qu'ils ne le manifestent pas de manière visible. Nous n'avons donc rien aujourd'hui qui permette d'affirmer une telle conscience de soi et d'une telle conscience de l'existence chez les Animaux.


En revanche, nous autres Humains, sommes capables de conjuguer le temps : nous pouvons dire "Je suis", mais aussi "J'étais" et "Je serai". La conscience est relative au temps, d'autant que notre existence est limitée dans le temps, et c'est ce que l'on appelle la finitude, c'est à dire que nous avons conscience de notre mort prochaine, de notre condition de mortels. C'est ce qui faisait dit à Heidegger, Philosophe allemand, que l'Homme ne se contente pas de vivre mais qu'il existe. Il faisait bien la distinction entre "vivre" et "exister". Par exemple, une fleur "vit", un chat "vit" mais l'Homme existe. Il existe car il possède cette capacité à se projeter dans le temps qui lui permet de prendre conscience de sa destination finale, la mort. Voilà pourquoi Heidegger avait forgé le concept de "l'être vers la mort" (je vous passerai le terme allemand) pour caractériser la condition particulière de l'homme.


Il s'agit là du fondement de l'existentialisme, le fait que l'Homme n'est pas seulement un être "vivant' mais surtout un être existant, car conscient d'être vivant et d'aller vers sa propre mort. Par conséquent, la question du sens de la vie, disons plutôt du but de l'existence, est directement liée à notre condition "d'être vers la mort", c'est à dire notre conscience de devoir mourir un jour.


Il est important de comprendre que cette approche n'est pas seulement une représentation abstraite, une représentation intellectuelle de la mort car très vite, l'Homme acquiert naturellement un savoir profond de ce que nous appelons la conscience physiologique de la mort. Il se pourrait que si nous sommes bien ces "êtres vers la mort" que décrit Heidegger, c'est à dire des êtres conscients de leur condition de mortels, et bien peut-être que le but de la vie est d'accepter la mort, de la comprendre comme une nécessité et donc d'y consentir.


Montaigne disait "Philosopher, c'est apprendre à mourir". Quant à Épicure, pour lui "la mort n'est rien". Selon lui, elle n'est rien car "quand nous sommes en vie, la mort n'est pas là, en tout cas elle n'est pas là comme une réalité, elle peut être présente dans nos pensées, nos projections mentales, mais tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas là. Et puis, lorsque la mort survient, nous ne sommes plus vivants pour en souffrir. De ce fait, nous croisons la mort mais nous ne la rencontrons pas, et nous n'avons pas directement à faire à elle". De ce fait, selon cette conception, "la mort n'est rien". Si nous acceptons que la mort ne soit rien, c'est peut-être là le meilleur moyen d'évacuer le problème de la mort, dans ce sens que ce raisonnement réduit totalement la question de l'angoisse. Dans ce cas, comme le suggère Montaigne, le but de la vie serait de trouver la paix, malgré la menace de la mort qui plane au-dessus de nos têtes.


Néanmoins, comme vous le savez, il est très difficile de trouver la paix. Dans une journée, combien de minutes sommes-nous réellement en paix ? Il y a toujours un "truc" qui nous tracasse, une inquiétude qui tourmente notre conscience, ou encore un agacement, une agitation de l'âme. Étymologiquement, l'émotion signifie "mouvement", un mouvement intérieur, un mouvement de l'âme. De ce fait, trouver la paix est peut-être ce qu'il y a de plus difficile, mais c'est peut-être aussi la clé car lorsque nous trouvons cette paix, si tant est qu'on y arrive, la question du sens de la vie ne se pose plus, en tout cas, elle ne se pose plus dans les mêmes termes. Quand nous trouvons la paix, la question du sens de la vie se dissout, elle n'a plus de sens, parce qu'alors le sens de la vie devient tout simplement "être" et "vivre".


Vous posez-vous la question du sens de votre vie lorsque vous êtes profondément heureux ? Vous pouvez mettre ce que vous voulez derrière le concept du bonheur, ça n'a pas d'importance, ce n'est pas le problème. Mais, imaginez de passer un bon moment avec vos amis, au restaurant, à la plage, autour d'une partie de cartes, vous riez, vous ne pensez à rien, vous êtes seulement dans le moment présent, votre mental est vide, vous êtes juste "bien". C'est justement parce que vous êtes heureux à ce moment-là que votre mental est vide, parce que vous n'avez besoin de rien pour vous combler, vous êtes déjà comblé. À ce moment, si on vous posait la question "Quel est le sens de la vie ? Quel est le but de la vie ?", et bien il y a de fortes chances pour que vous répondiez "C'est ça le but de la vie, c'est d'être heureux, c'est d'être en paix, de vivre, tout simplement".


Alors, me direz-vous, c'est facile de dire ça ! En vérité, s'il n'existe pas de mode d'emploi, j'aimerais toutefois partager mon point de vue, et vous proposer de réfléchir selon l'hypothèse suivante : l'existence est un long stage d'apprentissage dont les enseignants sont nos expériences. Elles représentent nos principales sources d'enseignement, elles nous donnent nos leçons les plus utiles, les plus fiables.


Pour illustrer comment nos expériences font évoluer notre regard sur la vie, prenons l'exemple de l'amitié. Dans l'enfance, l'amitié commence avec le jeu. L'enfant trouve un compagnon avec lequel il développe des affinités qui ouvriront sur des échanges. On se prête nos jouets préférés en disant "Fais bien attention de ne pas l'abîmer", et puis un peu plus tard, on entre dans l'adolescence et on fait d'autres types d'échanges. Par exemple, on échange des confidences, ce sont là des échanges immatériels, et puis on échange de l'aide, car c'est ainsi que se noue une amitié, par le renforcement des échanges. Et puis un jour, survient un conflit, une dispute, une trahison, peu importe. Si on tient vraiment à notre ami et qu'on a envie de renouer les liens avec lui, on passe par la case du pardon, donc de la réconciliation, etc.


Cependant, une amitié est un lien qui évolue et lorsqu'on a 40 ans, la conception est certainement différente de celle qu'on a à 5 ans, parce qu'entre temps, nous aurons fait l'expérience de l'amitié sous toutes ses facettes. Nous aurons certainement perdu notre naïveté, notre vision idyllique, dans ce domaine et dans d'autres, nous aurons une vision réaliste et globale. Finalement, c'est ça notre meilleur enseignement, c'est notre expérience de l'amitié, et non pas la définition qu'on peut en lire dans un dictionnaire. Quand les adolescents de 15-16 ans s'envoient des messages d'amitié sur les réseaux sociaux, il est facile de deviner que dans quelques années, ils n'auront plus les mêmes conceptions de l'amitié. Sans doute, et peut-être malheureusement, auront-ils eux-aussi, une vision beaucoup moins naïve. Nous savons tous que la perte des illusions est un mal nécessaire de la maturité.


Cet exemple illustre ce qu'est l'apprentissage de l'amitié. Il est applicable à tous les domaines. Je pourrais aussi parler de l'amour. La vision de l'amour de l'adolescent ne correspond pas à celle de la même personne lorsqu'elle aura 70 ans, parce qu'entre temps, ses expériences de l'amour lui auront montré tout l'éventail des autres formes de l'amour.


Prenons l'exemple de la colère, une émotion que nous éprouvons tous à des degrés variables selon les individus. Tout être ayant fait l'expérience de la colère, qu'elle soit subie ou qu'elle soit projetée, connaît ce que peuvent être les conséquences de sa manifestation. Bien souvent, il nous arrive de regretter des accès de colère, pas forcément parce que la colère est injustifiée mais nous réalisons qu'au final, cela n'en vaut pas la peine, hormis de se blesser soi-même et de meurtrir les autres. Au bout d'un certain nombre d'expériences, et de coups pris sur la tête, nous comprenons qu'il nous faut travailler sur nous-mêmes, qu'il nous est nécessaire d'envisager un autre mode d'expression que de manifester cette colère qui nuit à nos relations aux autres. Nous allons donc évoluer et faire l'apprentissage de l'apaisement – ou pas – mais dans tous les cas, notre expérience de la colère signifie quelque chose, indique un chemin. Libre à nous de suivre ce chemin, ou non.


Je pourrais aussi prendre l'exemple du mensonge. Il y a des personnes pour lesquelles le mensonge est un mode de fonctionnement naturel qui ne réalisent pas à quel point cela peut détruire leurs relations aux autres, jusqu'au jour où leur entourage leur tourne le dos. C'est à ce moment qu'elles peuvent changer leur comportement et connaître à leur tour, l'expérience de l'authenticité. En fait, personne ne leur dira qu'il faut être franc et sincère, qu'il ne faut pas se mettre en colère, et c'est à chacun d'en tirer la conclusion, grâce à ses expériences, et au retour de ses expériences. Si nous sommes attentifs à nos expériences et aux conséquences de nos actes, la vie nous informe, elle nous envoie des messages en permanence.


Il n'est pas rare d'entendre des personnes se plaindre que "leur vie ne vaut rien", voire même dans des termes beaucoup moins élégants. À ces gens-là, je réponds que chacun à la vie qu'il se construit. C'est pour moi la meilleure réponse que je puisse apporter à ces éternels insatisfaits. C'est une vérité absolue : nous avons la vie que nous nous construisons. C'est une leçon de responsabilité, et le mot "responsabilité" n'est pas vain de ce point de vue, car le réel est ce qui répond à nos actes, et nous-mêmes devons répondre de nos actes. L'apprentissage est donc cet échange continu entre nous-mêmes et le réel. Ce réel est le seul juge, le seul arbitre. Le réel est ce qui est, le résultat de notre comportement, de nos actes, de nos pensées.


Pour certains, il est difficile d'envisager la réalité de leur vie sous cet angle. Il est incontestable qu'il existe des injustices, des choses que nous ne méritons pas, mais qui cependant nous arrivent. Malgré tout, il faut bien continuer à vivre, car maudire la vie ne la rendra pas pour autant plus supportable. Alors, prendre conscience que tout ce que nous pensons et faisons impacte notre réalité, notre monde, donc notre vie, constitue le véritable commencement de notre apprentissage, parce que c'est à ce moment précis que nous prenons conscience de notre pouvoir d'influencer le monde.


Le Stoïcisme nous apprend justement que nous n'avons pas à nous préoccuper de ce qui ne dépend pas de nous, précisément parce que cela ne dépend pas de nous. Le Stoïcisme nous dit également que nous ne devrions pas nous affliger de la mort de nos proches, de nos amis, puisque nous n'y pouvons rien, que la mort fait partie de la vie, qu'elle est inéluctable, inévitable, et que nous n'y pouvons rien. Facile à dire me direz-vous, mais c'est un fait que contester l'inévitabilité ne peut que nous rendre malheureux. Là encore, cela peut paraître difficile à accepter, mais c'est pourtant la vérité. Nous n'avons pas à nous préoccuper de ce qui ne dépend pas de nous, mais au contraire, nous focaliser de ce qui dépend de nous. Combien de personnes se battent contre les moulins à vent que sont justement ces choses sur lesquelles elles n'ont aucun pouvoir ? À quoi bon se lamenter sur l'inévitable ?


Sous cet angle, il est possible d'imaginer que nous sommes ici sur Terre pour apprendre à comprendre ce qu'est l'émotion, pour s'en libérer. Si nous n'étions que rationnels, nous n'aurions pas à faire cette expérience, cet apprentissage, ce long stage de formation qu'est la vie, mais nous sommes des êtres d'émotion, et les émotions peuvent s'expliquer dans le sens où, comme tout ce qui existe dans le monde matériel, les émotions ont une cause. Il faut dont chercher et remonter à la source de l'émotion, sa cause.


Nous réagissons avec émotion lorsque nous nous sentons atteints. Alors, qu'est-ce qui réagit en nous ? Qu'est-ce qui s'exprime réellement sous la forme de l'émotion ? C'est l'égo, cette carapace intérieure qui nous permet de nous défendre des agressions. Vivre en société nous amène à fonctionner en mode "ego" 24/24h. Nous sommes sur le qui-vive, nous éprouvons de la méfiance, de la jalousie, de l'aigreur, de la peur, nous anticipons des choses qui n'arriveront certainement jamais, nous prêtons aux autres des pensées qui ne les ont même pas effleurés. En fait, souvent nous voudrions réduire l'Univers à l'étroitesse de notre esprit. Il s'agit de réactions tellement habituelles qu'on dit que "c'est normal", parce que nous devons survivre. Normal ? Vraiment ? En réalité, si nous y réfléchissons honnêtement, si nous prenons le temps de l'introspection, de l'analyse, nous réalisons que toutes ces émotions qui nous gouvernent, et bien, elles ne nous aident pas. Bien au contraire, elles "plombent" notre quotidien. En revanche, si nous sommes attentifs, nous constatons qu'elles balisent nos vies de signaux, d'indicateurs de la bonne direction à suivre pour mener dans la paix, une existence aussi riche et épanouie que possible.


Le propre des émotions est que nous ne les choisissons pas, que nous ne les contrôlons que difficilement, mais notre expérience peut nous rendre plus attentifs, en quelque sorte plus conscients des causes de nos émotions, pour finalement nous aider à les accepter et nous en libérer. Au même titre qu'il est nécessaire de connaître la souffrance pour apprendre à s'en libérer, il est nécessaire d'éprouver l'émotion pour s'en libérer également. C'est lorsque l'émotion nous a fait tant souffrir, que nous ne voulons plus la subir, que nous estimons qu'il n'est plus nécessaire de l'éprouver, que nous nous en libérons. La vie est un stage de formation dont nous ne connaissons ni la durée, ni les enseignants, ni les matières à étudier. Sous cet angle, comme dans toute formation, si nous ne validons pas nos compétences, nous devrons recommencer, et cela aussi longtemps qu'il faudra pour valider nos aptitudes. Certains individus pour lesquels "la vie n'a pas de sens" rechignent à reconnaître cette interprétation, cette hypothèse du sens de la vie. Elle leur paraît trop simpliste ou trop philosophique. Cependant, pour les autres, c'est l'occasion d'un questionnement sur le sens qu'ils peuvent donner à leur existence. Pour ces derniers, la vie possède un but prédéfini.


Il y a aussi une troisième voie, celle de la question du sens que l'on donne à l'existence, quelles que soient les difficultés et les épreuves. Nous réalisons que notre vie est une occasion d'apprendre à nous libérer des émotions, pour trouver la paix, la sérénité, qui nous permettront, comme le disait Montaigne, d'accepter la mort.


La Philosophie, c'est apprendre à mourir. Le but de la vie, c'est d'accepter la mort et de ne plus y penser, et lorsqu'on est prêt à mourir, lorsque on accepte la mort, alors on peut se consacrer à la vie et profiter de chaque instant.




Les dates de visioconférences sont annoncées sur le site et Facebook.com/katjahanska [2]Anthropomorphisme : Tendance à concevoir la divinité à l'image de l'homme. Tendance à attribuer aux animaux et aux choses des réactions




Katja Hanska ©Droits Réservés 2021-2022 – Psychosophie


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